21.07.2008

institution ça passe juste .

4eced438e880e64cee78dcaa427ed314.jpgNicolas Sarkozy peut pousser un grand ouf de soulagement. Après de longues semaines de polémiques et de manoeuvres, petites ou grandes, le "oui" a finalement séduit, d'une seule petite voix d'avance,Par 539 voix contre 357, (il en fallait 538), les parlementaires ont définitivement adoptés le projet de réforme des institutions de la Ve République, et ont, de facto offert une bouffé d'oxygène au chef de l'Etat. La réelle portée de ce gain politique, arraché aux forceps, se mesurera dans les semaines et les mois qui viennent. En attendant, députés et sénateurs ont donc fait le choix d'approuver un projet d'envergure, visant, selon ses promoteurs, à renforcer les prérogatives du Parlement, et qui modifie, légèrement ou plus substantiellement, 47 articles de la Loi fondamentale, adoptée par le peuple français le 4 octobre 1958, et depuis, révisée à 24 reprises. Ainsi, une fois le texte définitivement en application, et parmi bien d'autres dispositions , le président de la République pourra s'adresser directement au Parlement. Ses mandats seront limités à deux consécutifs. Les langues régionales, la parité hommes-femmes ou l'indépendance et le pluralisme des médias, seront mieux protégées par la loi ou la Constitution. A contrario, le recours à l'article 49-3 sera lui plus strictement encadré. Quant aux citoyens, ils se verront conférer la possibilité d'un référendum d'initiative populaire ou encore, via le Conseil d'Etat ou la Cour de cassation, la saisine du Conseil constitutionnel. Autant de mesures longuement muries par le comité Balladur, installé à l'été 2007 par le chef de l'Etat, puis approuvées un an plus tard par l'Assemblée nationale et le Sénat. Baylet assume "Nous avons choisi d'agir", avait plaidé François Fillon en ouverture des débats afin de justifier la décision présidentielle de mener cette bataille dès l'été 2007. Soucieux de placer les parlementaires devant leurs responsabilités, le chef du gouvernement leur avait alors demandé de choisir entre le renouveau et le statu quo. Afin de convaincre les derniers indécis, le Premier ministre en avait alors appelé au consensus. "Notre Constitution n'est ni de droite, ni de gauche, elle est notre loi fondamentale, celle qui régit, par delà les partis et les alternances, le fonctionnement de notre démocratie", avait-t-il solennellement affirmé. Il avait également appelé les députés et sénateurs "à avoir raison tous ensemble", dans un "esprit de responsabilité et de cohésion nationale". Dans le même registre, parmi les tenants du "oui", Jean-François Copé avait lui souligné que "vingt amendements (de la gauche) ont été retenus". Jean-Michel Baylet, pour le Parti radical de gauche (PRG, majoritairement favorable à la réforme), "le texte présente un certain intérêt", malgré son manque d'ambition. Offensif, le député du Tarn-et-Garonne avait également tenu à régler ses comptes avec "ses amis" de gauche opposés au texte. "La discipline de vote n'est pas l'interdiction de penser, nous devons dépasser les clivages partisans", avait-il lancé sous les applaudissements, sans forcément savoir que sa position pèserait aussi lourd. Car, visiblement, sa formation, à deux exceptions près, dont Christiane Taubira, a suivi ses recommandations. Dans le camp du "non" cette fois, le réel espoir d'une mise en échec du gouvernement laisse donc place à une légitime amertume. A la tribune, Arnaud Montebourg, pour le groupe SRC (socialiste, radical et citoyen) avait pourtant jeté ses dernières forces dans la bataille. Le député de Saône-et-Loire, réputé pour son sens aiguisé de la formule, avait accusé le pouvoir de "jouer à la loterie avec une réforme importante" qu'il souhaitait imposer "à coups de règle sur les doigts", en référence aux pressions dénoncées par certains parlementaires. "Cette réforme est une triste et scandaleuse occasion manquée devant l'histoire de notre pays", avait-il déploré, entraînant dans son sillage, Jack Lang excepté, l'ensemble des députés socialistes. En vain. Pour une voix seulement. Vous aimez le traitement de l’actualité sur leJDD.fr ? Découvrez chaque dimanche, le Journal Du Dimanche en version PDF sur leJDD.fr ou dans un point de vente près de chez vous.

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